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Tractations en cours pour le second tour des municipales, LFI entend jouer les arbitres
information fournie par Reuters 16/03/2026 à 12:08

Le premier tour des élections municipales en France

Le premier tour des élections municipales en France

par Elizabeth Pineau

Les négociations d'entre-deux-tours allaient bon train lundi au lendemain d'un premier tour ‌des élections municipales marqué par une forte abstention d'environ 43%, un émiettement des voix et une percée des partis extrêmes, le Rassemblement national et La France insoumise.

A l'approche de la date ​limite de dépôt des listes en préfecture, mardi soir, c'est au cas par cas que se bâtissaient des stratégies visant à permettre, par exemple, à la gauche de l'emporter au prix d'un accord avec La France insoumise (LFI) voulue par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, prônée par les Ecologistes de Marine Tondelier mais rejetée par le Parti socialiste (PS) d'Olivier Faure au niveau ​national.

Le second tour, dimanche prochain, donnera le "la" en termes de dynamique et d'alliances à un an de l'élection présidentielle appelée à donner un successeur à Emmanuel Macron.

Malgré une campagne marquée par des polémiques - décès du militant identitaire Quentin Deranque à ​Lyon imputé à l'extrême gauche, accusations d'antisémitisme contre Jean-Luc Mélenchon - LFI a réalisé de bons ⁠scores dans des villes comme Limoges, Lille, Paris et Marseille, s'offrant même une victoire au premier tour à Saint-Denis, commune de quelque 150.000 habitants aux portes de ‌Paris.

A l'autre bout de l'échiquier politique, le Rassemblement national (RN) a conforté son ancrage territorial en gagnant dès dimanche à Perpignan, Beaucaire, Fréjus, Hénin-Beaumont, Cagnes-sur-Mer. Mais en perdant son pari à Lens, qui reste socialiste.

Malgré l'appel de son président, Jordan Bardella, à rassembler les "listes de droite sincère", un problème de ​réserves de voix se pose notamment à Toulon, où la candidate ‌RN Laure Lavalette a remporté 42% des suffrages au premier tour.

Dans un paysage politique fracturé, le suspense était grand dans les ⁠plus grandes villes à commencer par Paris, où la liste de gauche emmenée par Emmanuel Grégoire est en ballottage favorable à 38%, loin devant celle de l'ex-ministre Les Républicains (LR) Rachida Dati (25%), soutenue par le MoDem et l'UDI.

DATI SE RAPPROCHE DE BOURNAZEL À PARIS

Face à un second tour possiblement serré, Emmanuel Grégoire a ignoré la main tendue de l'Insoumise Sophia Chikirou (11,7%), tandis ⁠que Rachida Dati s'est rapprochée du candidat ‌Horizons Pierre-Yves Bournazel (11,3%), ignorant pour l'instant les appels de Sarah Knafo (Reconquête), elle aussi en mesure de se maintenir après avoir rassemblé 10,4% des voix.

"Nous ⁠allons travailler avec @pybournazel à un projet d'alternance", a écrit lundi Rachida Dati sur le réseau X.

A Marseille, le maire de gauche sortant Benoît Payan (36,7%) refuse l'offre d'alliance de l'Insoumis Sébastien ‌Delogu (12%), au risque de favoriser le candidat RN Franck Allisio, arrivé deuxième avec 35% des voix. La liste divers droite emmenée par Martine Vassal (12,41%) pourrait faire ⁠la différence.

Bien placé pour l'emporter à Roubaix, LFI peut jouer les arbitres à Limoges, Lille ou encore Nantes, où la maire ⁠de gauche sortante Johanna Rolland est en ‌difficulté (35,2%), talonnée par le candidat LR Foulques Chombart de Lauwe (33,7%).

La numéro deux du PS a lancé dès dimanche un appel "à toutes les forces de gauche, écologistes et humanistes, qui veulent ​préserver le modèle nantais du vivre et faire ensemble, à se mobiliser pour rendre possible la victoire", ‌sans citer l'Insoumis William Aucant (11,2% des voix).

FUSION DES LISTES DE GAUCHE À TOULOUSE

Arrivées en seconde et troisième positions dimanche à Toulouse, les deux listes de gauche (socialiste et LFI) ont trouvé un accord pour le second ​tour, menaçant sérieusement le maire (divers droite) sortant Jean-Luc Moudenc.

A Lyon, le maire écologiste sortant Grégory Doucet, arrivé en tête avec plus de 37% des suffrages, profite du désistement de la candidate LFI Anaïs Belouassa-Cherifi pour espérer l'emporter face à l'ancien président de l'Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas, crédité dimanche de 36,78% des voix.

Rare motif de satisfaction pour le "bloc central", l'ancien Premier ⁠ministre Edouard Philippe est en ballottage favorable (près de 44%) dans sa ville du Havre, dont la reconquête est une condition de son maintien dans la course à l'Elysée.

Lui aussi pressenti pour être candidat à la présidentielle, le président de Renaissance Gabriel Attal s'est contenté dimanche soir de rappeler le refus de son mouvement de s'allier avec les extrêmes de tous bords.

Candidat proclamé à la présidence de la République, le patron de LR Bruno Retailleau a donné, lui, comme seule consigne de s'opposer à La France insoumise.

Un choix qui laisse du champ à l'idée d'une possible "union des droites" prônée par l'ancien président de LR Eric Ciotti, en ballottage favorable à Nice. Le député désormais allié avec le RN est arrivé treize points ​devant le maire (Horizons) sortant, Christian Estrosi (43,4% contre 30,9%).

(Reportage Elizabeth Pineau)

1 commentaire

  • 13:06

    la honte du pays, pas d'alliance et puis on tourne le dos. Les électeurs sont trompés. Toulouse détient le pompon pour le moment.Ca n'a même plus de nom.


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